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Philippe Thelen - Assurer la prise en charge des victimes de l’exploitation sexuelle

lundi 8 octobre 2007

Coordinateur de l’Ac-Sé (accueil sécurisant), dispositif national constitué d’associations spécialisées dans le soutien et l’accompagnement des personnes en situation de prostitution, des victimes de la traite.

Quelle place occupe la traite à des fins d’exploitation sexuelle dans la prostitution en France ?

Difficile d’avoir une idée précise du nombre de personnes concernées. L’Ocreth(1) estime qu’en France, il y a entre 16 et 18 000 personnes prostituées. Environ 80 % d’entre elles sont d’origine étrangère : elles proviennent des pays d’Europe centrale et orientale ou d’Afrique subsaharienne, et plus de la moitié sont victimes de la traite.

D’autres formes d’esclavage moderne sont-elles identifiées sur le territoire français ?
Les faits divers rappellent qu’il y a d’autres formes d’esclavage contemporain : l’esclavage domestique, la traite des jeunes sportifs, le trafic d’enfants, le travail forcé, la mendicité forcée, le trafic d’organes. Les victimes proviennent toutes de pays où la précarité et la pauvreté sont largement présentes. L’action que nous menons se situe dans le cadre de l’action sociale, auprès des personnes dont elles font l’objet. Depuis 1993, nous sommes confrontés aux victimes de la traite des êtres humains, majoritairement à celles exploitées dans le milieu de la prostitution ainsi que celles réduites à l’état d’esclaves domestiques. Nos pratiques professionnelles ont dû s’adapter à ce nouveau public.

Quels moyens mettez-vous en œuvre pour accompagner ces victimes sur la voie de l’autonomie ?

Les problèmes de communication ont été en partie résolus en faisant appel à la médiatisation linguistique et culturelle. Nous avons géré la sécurité des personnes en danger localement en créant le dispositif national d’accueil et de protection des victimes de traite des êtres humains “Ac-Sé” grâce au financement de la Direction générale des affaires sociale puis de la ville de Paris, et au soutien de la Fnars. Ce dispositif s’appuie sur un réseau de lieux d’accueil présents dans 26 départements. Le dispositif Ac-Sé est également un pôle ressource sur la traite des êtres humains accessible à tous.
Nous avons aussi développé des partenariats avec les pays d’origine, pour mieux comprendre le phénomène de la traite et organiser l’aide au retour volontaire dans le pays d’origine. Cette démarche n’est envisagée que rarement par les personnes. Enfin, nous avons dû faire appel à de nouvelles coopérations aux niveaux local, national et international avec des partenaires parfois inhabituels en matière sociale, telles la police, la justice, les autorités consulaires des organisations internationales. De l’identification à la prise en charge des victimes, il y a un parcours complexe, incertain, qui ne leur est pas toujours favorable. Leur courage et leur détermination doivent nous amener à avoir une attitude humble face à tout ce qu’elles ont subi en termes de contraintes, de violence et de traumatismes avant de pouvoir accéder à une vie autonome et libre.

(1) Office national pour la répression contre le trafic humain

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