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La traite des êtres humains, réalités de l’esclavage contemporain

jeudi 11 octobre 2007

Georgina Vaz Cabral est juriste et spécialiste des questions liées aux droits de l’homme, à la traite des êtres humains et à l’esclavage contemporain. Elle a publié La traite des êtres humains, réalités de l’esclavage contemporain, éditions de La Découverte, 264 pages, 19 euros.

Quelles sont les origines et les formes d’exploitation esclavagiste rencontrées en France ?

À l’origine de tous les chemins qui mènent à l’esclavage contemporain, on trouve les mêmes raisons que pour les autres parcours de migrants : des personnes fuient la pauvreté, la discrimination hommes/femmes, la violence conjugale... Mais à l’arrivée en France, certaines vont découvrir l’exploitation sexuelle, d’autres rencontreront l’exploitation par le travail, notamment domestique. Il y a cependant une nuance importante : les personnes qui entrent dans les systèmes d’esclavage domestique savent généralement qu’elles vont travailler dans la domesticité. Il existe généralement un contrat tacite avec une rémunération, aussi faible soit-elle, entre la personne qui organise la venue en France et la personne qui s’y rend pour travailler. Pour les mineures, ce sont leurs parents qui les confient parce qu’ils entrevoient la possibilité d’un avenir meilleur et d’une scolarisation pour leur enfant. Mais ce contrat est rarement respecté.

Peut-on définir la notion d’esclavage domestique ?

Le terme “domestique” doit être pris au sens large de la domesticité : entretien des maisons, services, jardinage, entretien des domaines, cuisine... L’idée étant de ne pas restreindre la notion pour laisser la possibilité d’intégrer d’autres formes d’exploitation domestique auxquelles nous n’aurions pas pensé.

Quand peut-on estimer qu’un travail entre dans le registre de l’esclavage ?

Même si la personne est bien traitée et qu’elle ne subit pas de violence, elle peut être considérée comme esclave dès lors que sa personnalité est niée, qu’elle est entièrement à la merci de son employeur, qu’elle n’a plus ni vie privée, ni contacts avec l’extérieur... Parfois elle n’a même plus de nom, elle devient un objet. Elle a perdu toute capacité d’autonomie. Il est souvent difficile, au niveau des juridictions, de déterminer si l’on est ou non dans le cadre de l’esclavage. C’est souvent la parole de l’employeur contre celle de l’employée.

Souvent les situations dérapent vers des violences psychologiques et physiques ?

Dans tous les cas d’esclavage domestique, on retrouve une violence psychologique qui a pour objectif de soumettre et de conditionner la personne pour s’assurer qu’elle ne s’enfuira pas. Cette violence a un impact profond sur la personne dont l’identité a été niée. Pour mieux établir son emprise, le maître use souvent de la violence physique. On rencontre parfois des histoires qui vont jusqu’aux actes de torture et de barbarie. Les viols et violences sexuelles deviennent aussi, pour certaines femmes, une réalité quotidienne. Les violences constituent les chaînes contemporaines de l’esclavage.

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